KIKI OF Paris par Mylène VIGNON

KIKI OF PARIS, compositeur d’images Par Mylène VIGNON Historienne et Critique d’Art

C’est probablement la proximité des géants de la littérature, tels Henry Miller, Ionesco et Samuel Beckett qui a rythmé la cartographie de son art. Autres rencontres majeures de sa vie, le cinéaste Joseph Losey, qui lui inculquera la rigueur du cadrage indirect et David Lynch, dont il s’inspire de certaines compositions dans la discipline qu’il exerce avec talent, la photographie. Après avoir étudié les sciences humaines et absorbé leur complexité, KIKI OF PARIS s’éprend de la vie dont il ne cesse de capter la respiration extatique. Il entre alors dans sa période humaniste. Suivra l’été italien et son lot de compositions intelligentes. Photographe de l’immatériel, il perd et détruit beaucoup de ses clichés. Comme si le sacré prenait racine dans l’éphémère, pour n’en conserver que l’intention. Car seule l’intention dépasse le geste et en sacralise l’origine. Serait- ce un parti pris ? Dans son hommage à Olivier Debré, il dépeint l’esprit ligérien par l’apport de cette « ferveur » si chère au grand peintre, dont il rejoint la démarche de quête de quintessence chromatique. Leur thème commun : des ciels aux silences planifiés dans une technique indiscutable qui relie la photographie aux contraintes intellectuelles de la peinture abstraite. Le manque de matière logorrhéique impose ici une vibration des espacements. « Bleu intense gorgé de nuages blancs avec des déchirures dans le ciel comme des tranches de silence » a séduit les collectionneurs américains, suscitant une vive émotion. Kiki of Paris, un artiste dans la cour des grands. Mylène VIGNON Historienne de l’Art – Critique d’Art